Espace Social Européen | Information professionnelle aux décideurs de la protection sociale
Espace Social Européen, ESE, protection sociale
Cocktail Santé
Vous êtes-ici : SOMMAIRE / Archives ESE 2013 / N° 1028 - 24 mai 2013
 
N°1028 - du 24 mai au 6 juin 2013
  Evénement  
L'équilibre des comptes, c'est maintenant !
  Libre-propos  
« Les victimes sont d'abord des personnes vulnérables »
entretienavec Serge Blisko, président de la Miviludes.
Zoom - Ils ont dit - chiffres 
  Dossiers   
Quelles réalités sur l'activité des hôpitaux ?
  Reportage  
Jack Senet : un centre de santé mutualiste équilibré et innovant.
  Santé  
Risques sanitaires : une autre gestion et vite !
« L'urgence absolue est au débat », entretien avec William Dab.
  Action sociale  
La Silver Economy, une filière à fort potentiel.
« Une approche en cycle économique » entretien avec Jean-Manuel Kupiec,
directeur général adjoint de l'Ocirp.
  À lire  
Conseil de l'Ordre, pourquoi faire ?
  Agenda & Livres  
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 Puisque la période est celle des grandes questions sur la politique économique du gouvernement, posons celle du nécessaire retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale. Nous y consacrons notre événement. Cette année, nous aurons droit à de vifs débats sur la réforme des prestations familiales, suite aux recommandations du rapport Fragonard.
 
Ce ne sera pas plus une promenade de santé pour François Hollande que la question du mariage pour tous – et, bien sûr, à propos de la réforme annoncée des retraites. Peut-être aussi à propos de l'assurance chômage et de la formation professionnelle. On apprend, par ailleurs, que Jean-Marc Ayrault a retiré de l'ordre du jour de la grande conférence sociale le débat sur la réforme du financement de la sécurité sociale. Au moment où le Haut Conseil boucle son rapport…
En fait, on se demande pourquoi le gouvernement ne se décide pas à agir davantage dans le champ de la santé et de l'assurance maladie, comme le laissait penser le bon discours du président de la République lors du congrès de la Mutualité Française de Nice, en octobre dernier. Et en quoi l'urgence économique et sociale devrait privilégier la branche famille. Certes quelques économies de prestations peuvent être bonnes à prendre, mais on attend cependant de la cohérence et une vision d'ensemble.
François Hollande achèvera-t-il ainsi son quinquennat avec, d'un côté, un équilibre budgétaire d'État retrouvé, des comptes sociaux presqu'en ordre et, de l'autre, une assurance maladie financièrement à la dérive ? Curieux choix ! Au fil des mois, les interrogations sont donc là.
Au début, comme d'autres observateurs, nous pensions qu'une certaine indolence réformatrice dans le champ de la santé tenait aux équipes en charge du dossier et à un calendrier différé. Les discours, les rapports se sont accumulés. Cela continue. Leur multiplication conforte le sentiment de léthargie globale. Désormais le doute porte sur la volonté réformatrice au plus haut niveau de l'exécutif. Veut-on vraiment agir ? Ce qui se passe sur le dossier de la dépendance, qui semble encalminé, ne nous rassure pas. Attendons encore un peu. Des annonces sont normalement prévues.
Cela aurait « de la gueule » que ce gouvernement parvienne à équilibrer les comptes du régime général. Pour nos partenaires européens, il s'agirait d'une chose banale. Pour nous, Français perpétuellement déprimés, ce serait un bol d'air économique et démocratique !
 
 
Evénement
Sécurité sociale : l'équilibre des comptes, c'est maintenant !
Le gouvernement se voit contraint par Bruxelles d'équilibrer les comptes de la Sécurité sociale. Les idées et les expertises ne manquent pas. Les défis ne sont pas insurmontables. Les travaux du Haut Conseil du financement de la protection sociale sont presque finalisés et proposent des moyens pour fixer des solutions. Reste à les décider et les inscrire dans les PLFSS à venir.
 
 
Libre propos
« Les victimes sont d'abord des personnes vulnérables »
L'affluence de nouvelles thérapies et la « nébuleuse » d'organismes de formation de tout type font le lit de dérives sectaires qui touchent de préférence des personnes fragiles. Après la présentation du rapport de la commission sénatoriale sur l'influence des sectes, la Miviludes* a rendu, le 25 avril, son propre rapport à Jean-Marc Ayrault. Elle y aborde particulièrement la situation des personnes âgées et l'« entrisme » sectaire dans la formation professionnelle. Entretien avec Serge Blisko, son président.
 
 
Doit-on penser qu'il y a une meilleure visibilité des dérives sectaires ou constater leur augmentation ?
J'ai envie de répondre les deux. Il y a effectivement une meilleure visibilité parce que notre action de formation et d'information commence à porter ses fruits, notamment grâce à notre site Internet. Sur le fond, il y a cependant de nombreuses dérives thérapeutiques qui deviennent préoccupantes dans le domaine de la santé, aussi bien physique que psychique. Dans le meilleur des cas, nous avons des techniques thérapeutiques inappropriées, dans le pire, des produits nocifs et quel­ques pratiques extrêmement dangereuses. Notamment des techniques psychothérapeutiques déviantes de gens qui en profitent pour prendre l'ascendant sur un certain nombre de personnes. On se trouve devant des phénomènes d'emprise, de captation financière, d'honoraires exorbitants ou exagérés, de ventes de produits illicites. Des gens finissent par abandonner toute autonomie pour faire ce qu'on leur dit de faire. Cela peut être dramatique. On fait abandonner un traitement dit classique, souvent lourd et difficile pour des techniques très courues où l'on raconte qu'il n'est pas besoin de faire de chirurgie, de chimiothérapie, qu'une poudre, des plantes vont aussi bien guérir. Tous les professionnels de santé connaissent les dégâts de ces dérives. On voit fleurir des plaques très étranges, des « étiopathes », des diplômés d'écoles de médecine qui n'existent pas, des « kinésiologues », des spécialistes de la communication personnelle et relationnelle sans diplôme de quoi que ce soit. Nous travaillons d'ailleurs avec la Mutualité française qui est assaillie de questions sur telle ou telle méthode : « Est-ce que vous remboursez, est-ce valable, est-ce sérieux ? »
 
A-t-on affaire à de nouveaux types d'organisations, à de nouveaux types de victimes ?
Les victimes sont d'abord des personnes vulnérables, particulièrement les personnes âgées éloignées de leur famille ou qui ne la voient plus beaucoup. On a beaucoup insisté sur les auxiliaires de vie, mais même là il faut se méfier, c'est un personnel qui est sans cesse renouvelé, qu'on n'a pas vraiment le temps de bien former.
De la même façon, beaucoup de personnes qui travaillent dans le secteur sanitaire et social ont besoin de formation. Ce sont des métiers très éprouvants et les formations en accompagnement, développement personnel, réflexion sur soi-même sont, dans ce secteur, volontiers accordées. C'est un domaine qui recouvre à peu près 10 % de la formation et on y observe un certain nombre de dérives et surtout de « dériveurs ». Tous les gouvernements disent qu'il faut s'attaquer à ce maquis de la formation où il y a beaucoup d'argent et dont l'efficacité n'est pas toujours démontrée – des dizaines de milliers d'organismes ; des individus, des statuts divers. Un certain nombre d'organismes peu sérieux proposent des formations mirobolantes avec simplement une inscription administrative et des formateurs sans diplôme.
 
Que préconisez-vous ?
Dans le domaine de la santé deux choses : on ne peut pas être d'un scientisme fermé et l'on préconise donc une évaluation sérieuse d'un certain nombre de méthodes, en espérant que certaines soient prometteuses. Cela a été fait il y a quelques années avec l'ostéopathie par exemple. C'est très long, les modalités d'évaluation ne sont pas toujours évidentes, surtout pour les maladies les plus graves, mais il faut mettre en place ces évaluations et accélérer un peu le rythme. Il faut que le ministère de l'Emploi et Pôle Emploi soient très pédagogiques vis-à-vis des demandeurs de formation, DRH, entreprises, etc.. Et que l'on simplifie, que l'on valide mieux les offreurs de formation, individus ou sociétés. On n'est pas obligé de laisser faire n'importe quoi. Cela va être long mais on a réussi avec les psychothérapies.
Deuzio, la réglementation sur le titre de psychothérapeute doit être appliquée. Il y a eu une loi en 2010, avec un ajout en 2012. Et bien qu'on l'applique, que l'on chasse impitoyablement partout, qu'on leur demande d'arrêter de travailler, qu'on condamne tous les psychothérapeutes qui n'entrent pas dans le décret ! La réglementation est claire et il y a un répertoire par département, fait par l'ARS, qui donne la liste des psychothérapeutes agréés.
Propos recueillis par Anne Parian
 
(*) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.
 
 
0

 

Mots clés
Actualité Archives Bi-mensuel Chiffres Il se dit que... Newsletters Photo Portrait Rendez-vous Retraites S'abonner Sécurité Sociale Vidéo vide