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N° 1029 - du 7 au 20 juin 2013
  Evénement  
Les recommandations de la commission Moreau.
  Libre-propos  
Santé, évolution des risques environnementaux. Entretien avec Louis Laurent, directeur recherche et veille de l'Anses.
Zoom - Ils ont dit - chiffres
  International  
Leçons des expériences étrangères sur le P4P.
  Santé  
La T2A, 10 ans après ses débuts… Entretien avec Roland Cash.
Honoraires de dispensation : pas encore abouti.
Calendrier vaccinal : un choc de simplification.
Une vigilance citoyenne sur les restes à charge !
  Reportage   
Le débat sur la « fac » dentaire portugaise.
  Famille  
Bonification retraite pour famille nombreuse, qui doit payer ?
  Action sociale  
La «garantie jeune» a-t-elle été sous-évaluée ?
  À lire  
Faire mieux pour la santé des femmes.
  Agenda & Livres  
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 
 
 
Nous les avons comptés : pas moins de 10 changements de cap du PS et du président de la République sur la politique familiale, entre le début de la campagne présidentielle à l'automne 2011, au moment d'élaborer le projet, et le début de ce mois de juin 2013.
 
Toujours ce syndrome du zigzag… Un débat fort connu au demeurant des acteurs publics et sociaux puisqu'il traîne dans les cartons lors de chaque rendez-vous électoral. Souvent la question posée, la bonne en fait, n'est pas tant de réaliser des économies que de « reformater » les aides aux familles, en les recentrant sur les plus défavorisées.
François Hollande a enfin tranché. Exit, au passage, le rapport Fragonard et la modulation des aides, par crainte d'impopularité. On glosera sur la pertinence d'avoir commandité un rapport au meilleur spécialiste français de la politique familiale pour n'en retenir, au final, que des bribes… Qu'aurons-nous finalement ? Des recettes d'impôts et des dépenses supplémentaires, utiles et équitables certes, associées à quelques économies. Pas de bouleversement. Demeure une question toutefois, celle du retour à l'équilibre des comptes de la Cnaf d'ici 2016. L'État s'engagerait à brancher un tuyau avec ces recettes fiscales nouvelles sur les comptes de la branche famille, pour compenser le manque à gagner. Vigilance quand même…
 
Kenneth Rogoff a été chef économiste américain au FMI, tendance démocrate. Dans un récent article des Échos, il délivre un message à l'opposé de notre conformisme idéologique. Selon lui, l'Europe, la France en particulier, ne peuvent trouver de solutions sérieuses à leur problème économique par une relance keynésienne, pourtant réclamée à cor et à cri. Avec quel argent d'ailleurs, sauf à dire que « l'Allemagne paiera ! » sans savoir précisément comment. Loin de nous l'idée de caricaturer la situation, mais si nous voyons, hélas, les dégâts du chômage s'amplifier sur nombre de ménages, nous voyons également l'épargne monter en flèche. 30 Mds € de plus sur les quatre premiers mois de l'année sur les livrets défiscalisés ! En fait, la question centrale est de soutenir la capacité des plus faibles mais aussi et surtout de restaurer la confiance. En la fixant sur l'épargne longue, de nature à irriguer une nouvelle économie de l'offre et des investissements. Notre modèle social a terriblement besoin d'être sécurisé par une stratégie économique de long terme. Quant à la relance budgétaire, la France la pratique depuis 30 ans sans résultat probant pour l'économie. Une vérité dérangeante.
 
 
Evénement
Retraites : les recommandations de la commission Moreau
Coucou, revoilà le dossier des retraites…
La réforme de 2010 à peine entrée en application, il convient de la réformer pour la durcir, faute d'efficacité économique.
La commission pour l'avenir des retraites, installée par Jean-Marc Ayrault, finalise ses recommandations. Explications.
 
 
Libre propos
Santé, évolution des risques environnementaux
Allergies, cancer, pathologies chroniques (dites ALD) plus généralement, les causes environnementales sont de plus en plus souvent évoquées, qu'elles soient liées à l'alimentation, à la qualité de l'air ou de l'eau, d'origine chimique ou biologique. L'Anses est en France chargée de l'étude et de l'évaluation de l'ensemble de ces risques. L'évaluation du second PNSE s'achève cette année et les questions prospectives se posent sur les nouveaux risques qu'il faudra prendre en compte.
  Entretien avec Louis Laurent   directeur recherche et veille à l'Anses.
 
L'Anses est au coeur des problématiques concernant les impacts de l'environnement sur la santé. Sur quoi diriez-vous qu'il y a eu des avancées ?
Un gros travail d'évaluation et de recherche a été réalisé sur les perturbateurs endocriniens et sur les agents chimiques en général. Certaines expertises ont fait date comme celles relatives au Bisphénol A, mais aussi des travaux de recherche spécifiques comme ceux du programme PNRPE* et du PNREST**que gère l'Anses. Par ailleurs, l'Agence a placé parmi ses priorités la question de l'exposition cumulée aux substances chimiques qui nécessite des approches scientifiques spécifiques.
 
Sur quoi n'aurait-on pas encore suffisamment avancé ?
Il reste beaucoup de besoins en recherche dans le domaine des agents chimiques. Dans le cadre d'une large expertise lancée il y a deux ans sur la question des risques liés à l'exposition des travailleurs agricoles, nous encourageons par exemple de nombreux travaux de recherche spécifiques sur les pesticides : mesure des expositions des travailleurs mais aussi des riverains, recherche des pathologies qui seraient liées aux différents pesticides. Sur cette question, nous animons également un observatoire des résidus de pesticides présents dans les milieux (air, eau, aliments).
Nous avons aussi à traiter de questions plus récentes, comme radiofréquences et santé, qui fait l'objet d'expertises successives à l'agence, la prochaine étant attendue pour le deuxième semestre 2013. La recherche dans ce domaine peut prendre la forme d'études épidémiologiques sur l'état de santé des personnes en fonction de leur exposition aux ondes (cf. cohorte Cosmos au niveau européen) ou de recherche d'effets biologiques. Nous finançons également des recherches sur l'hypersensibilité électromagnétique.
Autre domaine émergent, les nanomatériaux, sur lesquels nous devrions publier plusieurs résultats d'expertises d'ici la fin de l'année.
 
Vous avez fait un travail de prospective à l'horizon 2020. Quels types de risques devrait-on anticiper selon vous ?
Nous avons relevé quatre familles de « moteurs d'évolution » des risques. La première famille est celle de la pression environnementale, du climat à la raréfaction des ressources. Beaucoup de matériaux seront recyclés, pour certains un grand nombre de fois. Le risque est de recycler en même temps des contaminants. L'intensification des productions industrielles et agricoles et la mondialisation constituent la seconde famille de « moteurs d'évolution » des risques. Elle crée des vulnérabilités, par exemple face à des agents pathogènes. L'enjeu n'est pas de « prévoir l'imprévisible » mais de s'organiser pour être en mesure de trouver rapidement les sources de contamination (cf. la crise liée à la bactérie E-coli). Il y a également les facteurs sociétaux, comme la démographie, le contexte économique et les nouveaux modes de vie. C'est important dans le domaine santé-travail, mais aussi le domaine santé-alimentation, par exemple de nouveaux modes de consommation (cas des boissons énergisantes). Et enfin, les nouvelles technologies.
 
Vous évoquiez pour le cas des substances chimiques une évolution des approches elles-mêmes ?
Oui. On définit actuellement une limite d'exposition pour chaque composé chimique. Mais si des substances ont le même mécanisme d'action, il serait plus pertinent de considérer le total de leurs concentrations. Plus encore, des substances peuvent agir par des canaux différents, et leur présence simultanée avoir un effet plus fort que celui de chacune prise séparément. Plus généralement, pour les agents chimiques, on évolue vers une prise en compte globale : mélanges de substances et expositions multiples. 
Ainsi pour le BPA, on peut en absorber par l'alimentation, par inhalation, par la peau, chez soi ou au travail. Il faut donc étudier la globalité de l'exposition. Une autre manière d'aborder les risques plus globalement pourrait également être l'approche par pathologie (allergies, cancers, etc.) en se posant la question de leurs différentes causes possibles ?
Propos recueillis par Anne Parian
 
(*) Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens.
(**) Programme national de recherche environnement santé travail.
 
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