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Vous êtes-ici : SOMMAIRE / Archives ESE 2013 / N° 1032 - 6 septembre 2013
 
  Evénement  
Réforme des retraites, entre “Habileté et incertitude”.
Le détail des 25 mesures officielles de la réforme.
Ils ont dit  
Des réactions « convenues » au projet de réforme des retraites.
Zoom - Ils ont dit - chiffres  
 Dossier  
Stratégie nationale de santé, les dessous d'une crise.
Quel avenir pour les 19 recommandations de la SNS ?
 Reportage  
Silver Valley : l'industrie du bien vieillir aux portes de Paris.
 Santé  
Les nouveautés de l'été.
Centres de santé : les prescriptions de l'Igas.
 Action sociale  
Une rentrée en pointillé…
 Famille  
Une rentrée « famille » sous le signe de l'inquiétude.
 À lire  
Pour une justice spatiale.
  Agenda & Livres  
 
 
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
Réforme des retraites, comme prévu tout le monde « en fait des tonnes ». Gauche, droite, centre, patronat, syndicats, experts et journalistes. On oscille ainsi entre les propos trop laudatifs et les rejets trop viscéraux pour être raisonnables. Un classique joué par calcul ou jeu politicien, histoire de marquer le concurrent ou l'adversaire.
 
Répétons ce que nous expliquons dans l'événement de cette semaine : c'est une petite réforme et point n'est besoin « d'en rajouter ». Tout au plus un enjeu de 7 Mds € d'ici 2020 alors que le déficit annuel de l'Assurance maladie dépasse cet étiage !
Àpropos de dessous de cartes, nous traitons aussi cette semaine de l'incroyable épopée du rapport Cordier sur la stratégie nationale de santé. Une affaire « gratinée » avec un final peu glorieux pour le gouvernement, s'agissant notamment de la gestion des hommes, que ce soit Denis Piveteau, Claude Évin, ou Alain Cordier et l'équipe du Comité des sages. Sans oublier bien sûr, tous ceux qui se sont investis depuis de nombreux mois sur ce chantier, et qui ont désormais le sentiment d'avoir perdu leur temps ou presque.
Petit retour pour une forme de mise au point à propos de la pétition, publiée par Le Parisien fin août, des 140 médecins et experts, originaires de tous les côtés de la vie politique réclamant un débat national au Parlement sur la santé, et mettant en cause le rôle des assurances complémentaires.
Nous avons déjà réagi sur cette initiative dans notre lettre électronique. Complétons simplement le propos en disant que l'excès d'opprobre à l'endroit des assurances complémentaires, des mutuelles en particulier est dénué de fondement et de sens. L'arbre des quelques errements ne doit pas masquer un ensemble responsable. Après tout, si un certain désordre règne dans les pratiques des Ocam, c'est bien parce que tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis « belle lurette » ont accepté voire favorisé la dérégulation des soins de médecine de ville et incité les Français à souscrire une assurance complémentaire. N'inversons pas les responsabilités ! D'autant que l'extinction du rôle des Ocam – évitons les fantasmes à ce sujet comme le prête à penser le contenu de la pétition – ne créera pas par principe une assurance maladie pure et parfaite.
Tout le monde doit balayer devant sa porte, politiques, État, Assurance maladie et bien sûr Ocam. Tout le monde sans exception, y compris un bon nombre de signataires de cette pétition, directement responsables des errements qu'ils condamnent dans cette philippique. 
 
 
Evénement
Réforme des retraites, entre “habileté et incertitude”
Réforme des retraites, entre “habileté et incertitude”
C'est fait ou presque : la réforme des retraites vue par la gauche est lancée ! 
Le détail des mesures illustre l'habileté politique du gouvernement, notamment
sur la méthode, mais laisse planer une vraie incertitude économique
sur l'efficacité des choix. Analyse.
 
 
 
Retraite
Des réactions « convenues ».
Les réactions au projet de réforme des retraites sont sans surprise : chacun semble jouer une partition écrite à l'avance.
 
La CFDT a réaffirmé son soutien à la réforme qu'elle considère comme « une bonne réforme sur le volet concernant la réduction des inégalités et celui du financement ». Elle regrette cependant « qu'aucune mesure précise n'ait été annoncée en faveur des polypensionnés. », aurait souhaité que l'« on aille plus vite dans les droits reconnus aux femmes » et ne soutient pas le report à octobre de la valorisation des pensions.
 
La CFTC, considère que la vigilance est de rigueur pour les femmes et les familles mais que les mesures sont « acceptables », qu'elles « pérennisent notre système par répartition tout en corrigeant certaines inégalités », et se félicite que les 43 ans de cotisations aient été fixés comme une dernière limite. Elle reste cependant inquiète « quant au financement d'ensemble de la protection sociale ».
 
L'Unsa, reconnaît des avancées, bien qu'insuffisantes, pour les carrières incomplètes, les travaux pénibles, ou les années d'études, et « prend note avec satisfaction que, sans les exclure des efforts généraux concernant logiquement tous les salariés, le gouvernement a refusé de stigmatiser les fonctionnaires ou les régimes spéciaux, lesquels sont déjà l'objet d'une réforme en cours ». Elle attend le contenu exact du projet de loi le 9 septembre pour donner sa position définitive.
 
De leur côté la CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à manifester le 10 septembre contre un projet de loi qui « accroît en réalité la fragilisation de notre système de retraites. » Si elles se félicitent de l'abandon de « la mise en cause du calcul de la pension sur les six derniers mois », et « prennent acte des mesures concernant la pénibilité et les injustices faites aux femmes et aux temps partiels », elles dénoncent cependant un projet qui « s'inscrit clairement dans la logique régressive construite par les réformes de 1993, 2003, 2 007 et 2010. » L'annonce d'un allongement de la durée des cotisations à 43 ans, en 2035 pour les natifs de 1973 et après, constitue aux yeux de ces organisations « une provocation et une véritable hypocrisie » car il « recule de fait l'âge de départ à la retraite et signe inévitablement la baisse des pensions pour tous les futurs retraités ».
 
L'Unef appelle également à manifester et dénonce les 43 ans de cotisation : « une absurdité pour une génération qui ne trouve toujours pas d'emploi. » Elle demande « la prise en compte des années d'étude et d'insertion professionnelle pour éviter que les jeunes commencent à cotiser à 30 ans. »
 
La CFE-CGC « attend beaucoup plus du gouvernement. » Elle considère que la possibilité de racheter deux années d'études « n'est pas suffisamment incitative pour des jeunes qui aujourd'hui, à 30 ans, totalisent 10 trimestres cotisés de moins que la génération de 1950. ». Elle salue le compte pénibilité mais « déplore que seuls 10 critères de pénibilité soient retenus » et « se pose de nombreuses questions quant au financement ». Elle est en outre opposée à la forfaitisation des avantages familiaux.
 
L'UNAPL exprime sa « déception » car elle « estime que l'alourdissement des cotisations sociales va pénaliser le secteur dynamique et créateur d'emploi des entreprises libérales ». Elle déplore également « qu'aucune mesure en faveur de l'emploi des séniors ne soit envisagée dans ce projet », s'inquiète de la faisabilité du compte « pénibilité » dont elle considère en outre qu'il « devrait être étendu à l'ensemble des professionnels libéraux. »
 
La CGE-PME, ne voulait « pas de nouvelles charges pour les entreprises ». Elle regrette également que l'on « ne fasse rien » pour l'équilibre entre les régimes spéciaux et les autres. Pour elle, enfin, « l'histoire de la pénibilité est une usine à gaz ». Globalement elle pense que l'« on n'est pas allé assez en profondeur ».
 
Le Medef attend lui « un engagement ferme » de l'exécutif sur la « baisse du coût du travail ». Plus généralement, selon Pierre Gattaz, il s'agit d'une « fausse réforme », car « une réforme structurelle ne devrait pas toucher la fiscalité et les augmentations des cotisations ».
 
La FNSEA a exprimé sa « déception », estimant que les agriculteurs étaient « lésés » et que cette réforme n'en était pas une. « Alors que François Hollande avait pris l'engagement d'un financement par la solidarité nationale, le gouvernement fait le choix de faire supporter l'intégralité des mesures aux actifs agricoles d'aujourd'hui ». En outre, selon elle, « les conditions de financement sont inacceptables ».
 
Anne Parian
 
 
 
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