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N° 1072 - du 10 juillet au 3 septembre 2015
  Evénement  
Le débat Agirc-Arcco préfigure-t-il une réforme globale ?
« La productivité, clé de l'équilibre à long terme », entretien avec Pierre-Louis Bras.
Que dit le Cor ?
  Questions d'actualité  
« Un risque d'effondrement de la médecine générale ! », entretien avec Claude Leicher.
Ça bouge !
  Santé  
« La situation n'est plus tenable, ni pour les patients ni pour les professionnels », entretien avec Catherine Mojaïsky.
  Prévoyance  
Complémentaires santé : les trente mouvements du premier semestre 2015.
« Un dispositif de crédit d'impôt pour les fonctionnaires » entretien avec Thierry Baudet.
  Libre propos  
Impôt à la source : quel impact familial ? par Philippe Steck.
  Famille - Action sociale  
« Notre Data mining vise les situations complexes » entretien avec Aude Cournée.
Un guichet numérique pour l'autonomie.
« Nous perdons des emplois ! », entretien avec Francis Contis.
  A lire  
Votre santé, tous les mensonges qu'on vous raconte…
  Agenda & Livres  
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 
 
Évidemment, tous les regards sont tournés vers l'Europe et la Grèce. Pas trop de place pour le reste de l'actualité. On comprend bien pourquoi. Nous avons relu pour mieux comprendre la complexité de la situation, l'ouvrage de référence qu'est La Dette odieuse de Jason Manolopoulos, économiste et financier grec, paru en 2012. Une contribution éclatante de vérités et d'une grande fraîcheur. Tout y est ! À commencer par les bêtises et la mauvaise foi de tous les acteurs, qui connaissaient pertinemment la situation inextricable depuis longtemps. Par delà les évidentes contradictions, un sentiment de gâchis prévaut.
                                                 

Cette semaine, dernier numéro de l'été, Ese vous parle des négociations sur les retraites complémentaires et évoque également, avec plusieurs entretiens, diverses questions d'actualité. Des questions qui reviendront d'ailleurs ultérieurement dans le débat général et professionnel. Si nous parlons de retraite, c'est que les partenaires sociaux devraient,normalement cet automne, boucler un accord pérenne pour l'Arrco et l'Agirc. Sur le fond, on ne peut pas ignorer le mouvement de bascule qui s'esquisse : le Medef prône un accord général prévoyant une décote significative du niveau des pensions complémentaires pour les salariés âgés de 62 à 65 ans, qui partiraient en retraite à compter de 2017 ou 2019. Les précautions de langage n'y feront rien : dans les faits, ce mécanisme aura l'effet d'une réforme des pensions au travers d'un recul à 65 ans de l'ouverture des droits à taux plein. On pourra tordre les réalités et les explications qui vont avec, le résultat sera celui-là ! Un cadre perçoit en moyenne une pension complémentaire pour 50 % de ses revenus viagers. Baisser de 30 ou de 20 % son montant équivaut largement à une réforme de fond. Quant à dire que cette décote ne durera qu'un temps…
 
                                                 
Selon plusieurs sources, l'endettement brut de la France s'est accru de 51,6 milliards d'euros au premier trimestre de cette année dont 36 pour l'État et près de 16 pour les ASSO (administrations de sécurité sociale). La dette sociale s'élève à 233 Mds euros au minimum. Méditons : sur un trimestre, la France a perdu plus que l'équivalent de son exposition totale à la dette grecque... Une situation ubuesque noyée dans l'indifférence générale. Le taux de dette globale s'élevait à 97,5 % du PIB, soit 2 089,4 milliards d'euros. Bien sur, la France n'est pas la Grèce. Ne serait-ce que nous tentons des efforts pour réduire notre addiction à cette drogue collective pernicieuse. Mais fondamentalement, sommes-nous si éloignés que celà ?

Bonnes vacances à tous.
 
Evénement
Retraites : le débat Agirc-Arrco préfigure t-il une réforme globale ?
92 % des Français se déclarent inquiets pour leur retraite. On les comprend… Nouvelles prévisions du COR peu enthousiastes, négociations explosives sur l'Agirc-Arrco, perspectives économiques incertaines, tout concourt à remettre le dossier des retraites sur la table. Ce dont le gouvernement et les Français se passeraient volontiers. Explications et entretien avec Pierre-Louis Bras, président du COR.
 
 
Mutualité
« Il convient de procéder à une remise à plat de l'ensemble des aides à l'acquisition d'une complémentaire santé »
Ese a rencontré Etienne Caniard, président de la Mutualité Française (FNMF) pour connaître ses réactions suite aux annonces « fortes » de François Hollande, président de la République, faites lors du Congrès de la Mutualité Française en promettant une véritable généralisation de la complémentaire santé d'ici 2017.

 
Etes-vous satisfait des annonces présidentielles du récent congrès de la FNMF  ?

Bien sûr. Aujourd'hui la complémentaire santé est devenue indispensable pour accéder aux soins : sans complémentaire, les Français renoncent deux fois plus à se soigner. C'est pourquoi il nous semble si important que chacun puisse avoir accès à une mutuelle. Au 1er janvier 2016, tous les salariés pourront être couverts via le contrat de leur entreprise. C'est une réelle avancée pour eux. Mais, comme le révèle la dernière étude de l'Irdes[1], cela n'apporte aucune solution pour 80 % des exclus de la complémentaire qui sont en dehors du monde du travail : jeunes précaires en difficulté d'insertion professionnelle, chômeurs de longue durée et retraités.
A l'occasion du Congrès, nous avons donc demandé à François Hollande de réduire les inégalités d'accès à la complémentaire, en remettant à plat l'ensemble des dispositifs, pour les simplifier, les rendre plus justes et éviter les mesures catégorielles qui aggravent les problèmes. Les aides fiscales et sociales s'élèvent à 3,5 Mds d'euros pour certains contrats, alors que retraités, chômeurs de longue durée et jeunes précaires n'ont aucune aide de ce type et sont confrontés à de réelles difficultés. A titre d'exemple, une personne qui part à la retraite voit le coût de sa couverture santé passer brutalement de 300 à 1000 euros par an en moyenne, ce qui est insupportable financièrement pour un nombre croissant d'entre eux. L'enjeu est de simplifier, mettre de la continuité et faire converger les différents dispositifs.
 
Où en est-on aujourd'hui sur ce dossier ?
 
Avant d'envisager toute solution, il convient de procéder à une remise à plat de l'ensemble des aides à l'acquisition d'une complémentaire santé ; c'est l'objet  du rapport qui devait être remis en septembre 2014 et que le President de la République a demandé lors de notre Congrès de Nantes qu'il soit enfin  réalisé et rendu public. Il ne serait pas cohérent de procéder différemment, l'enjeu est de rechercher une solution qui concerne toutes les populations qui ne bénéficient pas des aides liées aux contrats collectifs obligatoires notamment les jeunes précaires, les chômeurs de longue durée et bien sûr les retraités.

Que proposez-vous ?

Il existe aujourd'hui  8 dispositifs d'accès à la complémentaire santé. En créer un 9e  pour les seuls retraités, n'apporterait que complexité et segmentation supplémentaire, alors même qu'aujourd'hui, le système a besoin d'être simplifié et plus solidaire. D'autres voies existent, d'ailleurs évoquées par le Président de la République, mais elles supposent que l'on en tire les conséquences économiques… ce qui renvoie à la nécessité de commencer par l'état des lieux des aides et des prélèvements.



Propos recueillis par Pascal Beau et Emilie Guédé
 
 
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