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N° 1076 - du 16 au 29 octobre 2015
  Evénement  
Agirc-Arcco, un accord a minima.
  Libre propos 
Mutualité-gouvernement, pourquoi ça coince.
Ils ont dit
Ça bouge !
  Action sociale  

« Nous avons besoin de 740 millions pour couvrir l'augmentation du RSA », entretien avec Dominique Bussereau.
  Sécurité sociale/Prévoyance  
Audioprothèse, quelles solutions ?
  Santé 
Développement de la médecine ambulatoire, le G5 y croit.
  International  
Les promesses des modèles prédictifs en santé.
  A lire 
Pour en finir avec le chômage.
  Agenda & Livres 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 
 
 Évoquons cette semaine quelques perspectives d'avenir pour Ese. Que nos lecteurs se rassurent :l'aventure commencée fin 1988 continue ! Une nouvelle maquette du périodique verra le jour d'ici la fin de l'année, plus aérée, plus réactive. Le contenu éditorial va aussi, en partie, changer. Les grandes questions stratégiques demeureront le fil conducteur de notre action. Mais nous allons produire un effort particulier dans votre direction, les organisations de santé et de protection sociale, pour promouvoir et accompagner vos stratégies professionnelles.
Parallèlement, nous améliorerons la forme et le fond de notre lettre électronique. D'autres initiatives verront également le jour et nous profiterons de ces chantiers pour resserrer les liens avec vous.


Ce n'est pas nouveau, la presse, généraliste comme professionnelle, se porte mal. Nombre de raisons expliquent cela notamment parce qu'un préjugé sur la gratuité de l'information prévaut toujours, en contradiction avec les besoins et les réalités.
Aussi, voulons-nous, en cette période de réabonnement, vous rappeler que
la réglementation autorise les organismes à imputer le coût de leur abonnement à Ese sur les dépenses de formation. Car notre prestation entre de plein champ dans ce périmètre juridique.
En clair, votre abonnement ne doit pas vous coûter car il a vocation à être pris en charge par votre organisme.
Une bonne nouvelle en ces temps de contraintes budgétaires.


Depuis 28 ans, Ese délivre une information « incarnée ».
Nous sommes et demeurons des militants de la solidarité et de l'innovation au profit de tous. Dans un monde incertain et changeant, la protection sociale reste une construction fragile qui doit être défendue, valorisée et modernisée. C'est pourquoi nous avons encore besoin de votre fidélité pour poursuivre notre travail.

Merci pour votre confiance renouvelée.
Evénement
Arrco-Agirc, un accord a minima
Ce vendredi 16 octobre, les partenaires sociaux se retrouvent au siège du Medef pour une nouvelle séance de négociation destinée à sauver les deux grands régimes de retraite complémentaire des salariés. Les points de vue demeurent très opposés, et le temps presse…
 
Libre-propos
Mutualité-gouvernement, pourquoi cela coince ?
La liste des « épines irritatives » entre les Ocam, plus particulièrement le mouvement mutualiste, et le gouvernement, est longue. Elle ne date pas de mai 2012 puisque le quinquennat précédent s'est fort mal déroulé également. Dernier épisode, le PLFSS 2016 et ses dispositions sur la généralisation de la couverture complémentaire santé aux retraités et la gestion des mutuelles de fonctionnaires du régime obligatoire. Analyse.
 
 
­­­La liste est longue des sujets de friction entre les Ocam, les mutuelles en particulier, et le gouvernement. Qu'on en juge : les taxes de financement du fonds CMU-C, la TSA, la proposition de loi Leroux sur les réseaux de soins, la gestion et les contraintes « ubuesques » de Solvabilité 2, le rôle très amoindri dédié à l'Unocam et à la concertation générale sur la politique de santé et d'assurance maladie, voire de sécurité sociale, le volet santé de l'ANI de janvier 2013 qui donné lieu (et cela continue) à un capharnaüm invraisemblable en matière de réglementation, la délégation de gestion des régimes obligatoires, que ce soit le régime étudiant, ceux des travailleurs indépendants et des fonctionnaires, l'association, ou plutôt l'absence d'association, à la politique conventionnelle de l'assurance maladie, l'abandon du projet de statut européen de la mutuelle – un sujet pour lequel l'état français n'a pas grand-chose à se reprocher – pour ne citer que l'essentiel ! Une sacré litanie quand même qui fait question.
Certes, nombre de dossiers émanent du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais, justement, ce pourquoi le mouvement mutualiste, a plutôt attendu un changement de majorité politique, tenait tout autant de la proximité des liens entre certains responsables que de l'espoir d'un retour à une forme de « lune de miel » entre l'exécutif et les mutualistes. On sait désormais qu'il n'en est rien. Et la déception est très forte.
Parmi les explications à ce qui tourne au divorce, celle d'un désamour des politiques à gauche envers les Ocam et les mutuelles en particulier. Conséquence d'une banalisation, au sein de l'Unocam en particulier, l'état se méfie clairement des assureurs complémentaires et donc des mutuelles. Fini le temps des connivences. Les responsabilités ne se partagent pas. Etat et Assurance maladie entendent piloter seuls les grands dossiers de santé. Quitte à s'isoler et faire preuve d'archaismes médico-économiques.

Imperium de l'État

L'insolente santé économique des Ocam est aussi perçue comme une incongruité alors que l'assurance maladie étouffe sous les déficits et la dette sociale. La culture de la haute administration ne s'accommode guère avec celle des gestionnaires et des élus mutualistes. À la différence des autres opérateurs, assureurs et groupes paritaires, mieux considérés parfois où les réseaux de solidarité des acteurs issus des grandes écoles comptent.
Plus clairement encore, le retour de la gauche aux affaires en mai 2012 coïncide avec un cruel déficit conceptuel et politique sur les questions de santé et de social en général. L'impératif de service public, de restauration de l'imperium de l'état sur tous les sujets tient lieu de table de la loi. D'où les fameux « marqueurs » de gauche que sont le tiers-payant généralisé, le service public hospitalier entre autres. Au moins, la gauche ne veut pas être accusée d'avoir réduit le périmètre de la solidarité nationale et d'avoir livré la santé des Français aux « puissances d'argent » dans un pays en crise. Tout cela n'est guère intelligent mais on se rassure comme on peut et à défaut d'alternative… Faut-il voir dans cette situation un plan avéré d'affaiblissement des mutuelles et de leur place sur l'échiquier social ? Le dossier de l'ANI a vu l'Etat privilégier les partenaires sociaux bien plus que les opérateurs en complémentaire. Cette situation résulte-t-elle aussi d'un mauvais positionnement des acteurs mutualistes, un changement d'époque encore peu compris par les leaders mutualistes ? Marisol Touraine lors du congrès de Nantes insistait sur l'anachronisme qu'il y avait à demander plus de solidarité nationale (cf le message global de la FNMF) et simultanément prôner une économie sociale mutualiste plus puissante par ses groupements de terrain.
Une situation qui ne sera pas simple à dépasser.

 
 
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