Espace Social Européen | Information professionnelle aux décideurs de la protection sociale
Espace Social Européen, ESE, protection sociale
Cocktail Santé
Vous êtes-ici : SOMMAIRE / Archives ESE 2016 / N° 1085 - du 4 mars 2016
 
N° 1085 - du 4 au 17 mars 2016
ÉDITO
 
ÇA BOUGE !
 
ÉVENEMENT
"Nous sommes dans une période d'expérimentation sociale", entretien avec Daniel Lenoir.
 
…Dit/Écrit…
 
Politique de Santé
La Cour des Comptes au secours de Marisol.   
 
LASER
PRÉVOYANCE
La Consult station, un vrai cabinet médical.   
SANTÉ
- Coup d'envoi de la négociation médicale !    
- Développement de l'e-santé. Inquiétudes et perspectives.    
PRÉVOYANCE
Tiers payant généralisé, les réactions au rapport.
 
INTERNATIONNAL
Spécial santé au Maroc : Progrès et défis !
"Renforcer le socle institutionnel, réduire les inégalités, élargir le socle de protection sociale", entretien avec Nizar Baraka.
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 
GÂCHIS INVRAISEMBLABLE
 
« Sont-ils nuls ?» titrait notre confrère Libération, peu suspect de droitisation, il y a deux ans. À un an de la fin du quinquennat, on est toujours en droit de se poser la question. Et c'est quand même malheureux de devoir le faire.
 
On peut parler d'un gâchis invraisemblable de la part de l'exécutif… D'abord du fait que le Gouvernement ouvre un énième chantier de réforme, ultra sensible, à contretemps politique et économique. Il eut fallu commencer le quinquennat par la réforme de la formation professionnelle avec, en ligne de mire, la formation des demandeurs d'emploi en fin de droits, la requalification des jeunes, l'adaptation de l'assurance chômage, l'amélioration et la simplification du code du travail. Le tout au profit d'un dynamisme économique et social bien compris. Sur tous ces points, l'échec est à peu près total. Navrant.
 
On ne répètera jamais assez que la gauche, impréparée, dépourvue de réalisme et de cohérence, est arrivée aux responsabilités en pratiquant une politique à contresens. Y compris sur le choix des ministres, confirmant une improvisation permanente depuis quatre ans. Ni Michel Sapin ni François Rebsamen, encore moins Myriam El Khomri, ne sont de vrais ministres de l'Emploi et du Travail. Déjà trois ministres en quatre ans, sans compter les atermoiements à l'Élysée, Matignon et même à Bercy sur le sujet essentiel du mandat de François Hollande, pour lequel tantôt on sollicite Emmanuel Macron, tantôt on le renvoie « dans ses buts » pour finalement le supplier d'aider à « sauver les meubles ». Du grand n'importe quoi !
À cela s'ajoute l'absence de concertation sérieuse dans un domaine où patronats et syndicats demeurent incontournables. Comment parler de dialogue social avec ces grand-messes annuelles revendiquées, qui ne débouchent finalement sur rien, et quelques mois plus tard, mène une actions qui exclue les mêmes interlocuteurs sur une question fondamentale ?
 
Le mal est fait. Quelle que soit l'issue de la réforme, les effets seront politiquement désastreux, économiquement nuls, socialement insuffisants, voire négatifs. Comment espérer le retournement des comportements des acteurs, entreprises et salariés, en si peu de temps et dans un tel climat ? Comment faire croire en 2016 que le marché du travail manque de flexibilité alors que, chaque année, 3 millions de CDI sont signés et que les contrats de travail « courts » (CDD, intérim) frôlent les 20 millions d'unités ?
Emploi, marché du travail : tout est à refaire… Mais quel gâchis répétons le !
 
ÉVENEMENT
Branche Famille : « NOUS SOMMES DANS  UNE PÉRIODE D'EXPERIMENTATION SOCIALE »
Ese rencontre Daniel Lenoir, directeur général de la Cnaf, pour un tour d'horizon sur les évolutions des modes de travail dans les Caf. Le DG de la Cnaf se félicite de l'amélioration des services informatiques. Face aux évolutions des technologies et des mentalités, il souhaite que les caisses revisitent leur action sociale pour l'adapter aux besoins et aux pratiques innovantes. 
 
 
LASER
UNCAM : COUP D'ENVOI DE LA NEGOCIATION MEDICALE !
C'est parti ! le 24 janvier dernier, le coup d'envoi des négociations conventionelles de la médecine libérale a été donné par l'Assurance maladie et les syndicats représentatifs. Cette première réunion a été l'occasion pour l'Uncam de poser le calendrier et la méthodologie des travaux à venir. Les acteurs ont jusqu'à fin août pour signer la nouvelle convention.
 
Enfin, on y est ! Après plusieurs mois d'opposition entre Assurance maladie, Gouvernement et syndicats médicaux, les acteurs se sont enfin assis autour de la table de négociation. Nicolas Revel a profité de l'occasion pour ouvrir les discussions en présentant sa méthode de travail et son calendrier prévisionnel tout en rappelant aux négociateurs que cette convention doit aller au-delà de la question financière. Le calendrier de la négocation sera scindé en deux parties. Dans un premier temps, de mi-mars à fin avril, il sera temps de faire le bilan de la précédante convention et, pour chacune des parties, de présenter leurs propositions. Dans le détail, cette première phase abordera neuf thématiques reparties sur 5 journées :
 
16 mars : Structuration de l'offre de soins d'un point de vue démographique.
Conditions d'exercice et valorisation de la pratique du médecin traitant.
23 mars : Place des spécialités cliniques dans le parcours des soins et qualité des pratiques.
31 mars : Point sur les spécialités techniques, protection sociale des médecins.
6 ou 7 avril : ROSP : bilan et pistes d'évolution.
Prévention, dépistage et sensibilisation des patients à la gestion de leur santé.
13 avril : Accessibilité financière pour les patients (poursuite de la baisse des dépassements d'honoraires et pistes de réflexion sur la pratique des tarifs opposables.)
Relations conventionelles entre médecins et Assurance maladie.
La date du 28 avril est également bloquée en cas de besoin.
 
La deuxième phase, celle de la négociation, devrait se tenir entre mai et la fin juin. Ces 2 mois semblent nécessaires pour que les négociateurs trouvent un accord global dans lequel chacune des parties présentes trouvera (au moins partiellement) son compte. Pour les syndicats représentatifs, les positions générales sont connues de tous et ont été réitérées dans les assises de la médecine libérale tenues le 11 février dernier (cf.encadré ci-contre) : revalorisation de la rémunération, déblocage de fonds pour améliorer les conditions de travail via notamment la mise en place d'un « forfait structure », modification du parcours étudiant pour revaloriser l'exercice libéral, amélioration de la protection sociale des médecins en allant au-delà des annonces gouvernementales de la grande conférence de Santé …
Pour l'Assurance maladie, Nicolas Revel avait précisé, le matin de l'ouverture de la négociation, dans les colonnes du Figaro qu'eu égard aux faibles marges de man?uvres économiques dont il dispose, les médecins devraient faire des choix. Car, si le directeur de la Cnamts n'est pas opposé à une hausse raisonnable de la rémunération globale des médecins, cet effort devra être compensé par des améliorations de pratiques pour dégager des marges de financement. Il est prêt à échanger sur les questions de démographie, de mode d'exercice, d'environnement de la pratique libérale et même d'application du tiers-payant (cf p.14), comme l'ordre du jour des futurs séances le laisse transparaître. Rendez vous dans les prochains numéros d'Ese et dans nos lettres électroniques pour la suite de ce feuilleton !
Alexandre BEAU
 
LES CINQ SYNDICATS médicaux représentatifs, CSMF, FMF, SML, MG France et Le Bloc ont organisé les assises de la médecine libérale le 11 février  2016. Objectif : dégager des grandes lignes communes aux 9 thématiques abordées lors de la première phase de la négociation conventionnelle.
En conclusion de cette journée, les syndicats s'accordent sur la nécessité :
> d'une équité entre tous les médecins ;
> de la réintégration dans l'Ondam, de ville des charges supplémentaires permettant d'avoir les moyens de réaliser le virage ambulatoire soutenu par le Gouvernement ;
>  une amélioration de l'avantage solidarité vieillesse pour les médecins en secteur 1.
 
A RETENIR
- 24 février, coup d'envoi des négociations conventionnelles des médecins libéraux.
- Près de 6 mois de négociation doivent déboucher sur la signature d'une nouvelle convention fin août au plus tard.
- La partie s'annonce tendue, notamment sur la question centrale de la rémunération des acteurs.
 
 
0

 

Mots clés
Actualité Archives Bi-mensuel Chiffres Il se dit que... Newsletters Photo Portrait Rendez-vous Retraites S'abonner Sécurité Sociale Vidéo vide