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N° 1097 - 22 octobre au 4 novembre 2016
 ÇA BOUGE 
 
 ÉVÉNEMENT 
 Social, Sécu, Santé, la droite est-elle crédible ?
 
 DIT/ECRITS 
 
 CAHIER LASER 
 Fiscalité
 DSN. Dernier rendez-vous avant le top généralisation
 Prévoyance
 - RAC. Quelques évidences…
 - "Notre ambition est de créer une UGM au sein de Klesia", entretien avec David Ollivier-Lannuzel.
 Action sociale
 Politiques sociales départementales. Tensions financières persistantes.
 Famille
 Pension alimentaire. Une agence pour recouvrir les impayés
 Médicament
 Le G5 santé s'alarme
 International
 La "génération Y" va-t-elle redéfinir la santé de demain ?
 
 DIT/ECRIT
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 LOGIQUES ULTRALIBÉRALES…
 
Ce numéro traite, brièvement mais nous y reviendrons ultérieurement, des projets présidentiels de la droite. Pour dire notre étonnement quant au décalage entre la France réelle (et potentielle) et la logique ultralibérale des candidats qui proposent des coupes massives dans les dépenses publiques et sociales, vecteur de la relance de l'économie. Une approche non seulement périmée mais contreproductive selon nous. À tout le moins, voilà un beau débat en perspective !
La commission d'enquête, animée par les sénateurs Dallier et Dumas, sur le chiffrage du chômage produit aussi des données stupéfiantes sur l'emploi précaire en Grande-Bretagne et en Allemagne. On apprend qu'outre-Manche, en 10 ans, l'économie n'a quasiment pas créé d'emplois salariés à plein temps ! L'amélioration des chiffres du chômage tient à 90% au temps partiel et au travail indépendant subi… Et ne parlons pas des règles impitoyables de l'assurance chômage anglaise, avec son indemnisation forfaitaire de 1200 € au plus sur 12 mois maximum, du salaire horaire minimal de 7,20 €, du plafonnement des indemnités de licenciement à 12 mois, de l'interdiction du refus indemnisé de plus de 2 emplois, du million d'emplois dits « zéro heure ».
Côté Allemagne, la surprise est encore plus spectaculaire. Les réformes Hartz ont créé 6,7 millions de « mini-jobs » à 450 € mensuels, sans droits à l'assurance chômage, à la retraite ni à la maladie. Les « midi-jobs », 1 million d'emplois, sont « moins pires » avec 850 € mensuels maximum. La réforme de l'aide sociale ne donne que 399 € par mois comme minima et sous conditions de surcroît  ! Quelques chiffres : en 11 ans, sur les 4,1 millions d'emplois créés outre-Rhin, 70% l'ont été à temps partiel et avec des salaires très bas. Le vrai taux de pauvreté est de 17,5% en Allemagne, 20% en Grande-Bretagne. La population active est passée depuis 2005 de 40,9 millions à 41,1 millions de personnes. Voilà pourquoi nous ne parlons pas de « miracle social allemand » comme la plupart de nos confrères de la grande presse et certains économistes. Certes, l'Allemagne a réussi son redécollage industriel, mais aux dépens des services publics et d'un tertiaire avantageux pour les salariés. Allemagne, Grande-Bretagne, seraient des modèles ? Pas pour nous, excepté pour un certain dynamisme économique. Repenser la place de la sphère publique
ne signifie pas forcément appauvrissement généralisé !  Pascal Beau
 
ÉVéNEMENT
SOCIAL, SECU, SANTE : LA DROITE EST-ELLE CREDIBLE ?
Les projets présidentiels des principaux candidats de droite sont-ils crédibles ?  Nombre d'observateurs, pas forcément de gauche ni hostiles à une alternance politique en 2017, s'interrogent. Le premier débat public entre les candidats de droite étaye cette question. Explications.
 
 
 
Europe&international
LA "GÉNÉRATION Y" VA-T-ELLE REDEFINIR LA SANTÉ DE DEMAIN ?
De nombreuses études ont récemment été réalisées en Amérique du Nord pour comprendre comment les 18 - 35 ans, communément appelés "génération Y", abordent les questions de santé, tant au niveau personnel que dans leur rapport au système de santé.Le point sur les principaux enseignements de ces travaux.
 
Qui se cache derrière la fameuse ""génération Y"" ? Nés entre le début des années 80 et la fin des années 90, les personnes composant ce segment de population sont parfois représentées économiquement et socialement comme un relais générationnel entre les baby-boomers et la génération du nouveau millénaire.
L'un des marqueurs de cette transition est le rapport aux nouvelles technologies. Nés à l'époque du minitel et de la ligne de téléphone fixe (pour les plus âgés d'entre eux), la génération a vu naître et prospérer les nouveaux outils de communication qui ont bouleversé les différents secteurs et composantes de nos sociétés depuis près de 20 ans. La santé n'échappant pas à ce tsunami technologique, bien au contraire. C'est partant de ce constat que plusieurs sociétés de conseil nord-américaines ont décidé d'analyser, à l'aide de sondages et d'études qualitatives, le rapport qu'entretient la "génération Y" avec le monde de la santé dans toute sa diversité. Si, forcément, sur certains points la culture anglo-saxonne diffère de la nôtre, la mondialisation des réflexes et des attitudes est bien en route, comme le démontrent les premiers résultats de ces études
 
un Patient impatient
Les différents travaux dressent d'abord le portrait type d'un individu issu d'une génération qui tranche avec la précédente : il est en quasi-permanence connecté au monde extérieur et à sa communauté de proches via les réseaux sociaux – accessibles par son smartphone, parfois présenté comme la « télécommande de la vie » –, pessimiste sur son avenir économique et se défiant de ses gouvernants politiques et du lobbying des grands groupes internationaux. Ces caractéristiques sont à mettre en avant car elles participent au conditionnement du rapport entretenu par cette génération avec les questions de santé.
 
Premier enseignement
La "génération Y" est en demande d'instantanéité dans l'accès aux soins. Impatients les 18-35 ans, dites-vous ? Oui, certainement, mais les nouvelles technologies de communication et d'information ont changé définitivement la donne dans leur rapport au temps. Le fait qu'en moyenne cette génération consulte moins que son ainée son médecin traitant renforce cette demande. Plus largement, la notion de médecin attitré (ou de famille) est moins prégnante.
 
Second enseignement
En «faisant leurs devoirs» avant d'aller consulter, les patients issus de cette génération sont peut être plus préparés au risque que leurs ainés. La base de données inépuisable que constitue Internet leur sert de notice d'information dès que les premiers symptômes d'une pathologie apparaissent. Plus intéressant encore, ces individus décident en fonction des recommandations formulées en ligne ou des retours d'autres internautes qui partagent leurs symptômes – merci l'anonymat du net –, du bien fondé d'aller voir ou non un médecin. Font-ils alors plus confiance à Google qu'au professionnel de santé ? Pas totalement, car ils reconnaissent majoritairement le savoir technique du praticien et les pièges que peut renfermer la toile. Toutefois les délais d'attente et le coût de certains actes sont des barrières notables, qui renforcent la notion d'automédication, largement assimilée par cette génération. Sur ce point, dans le cadre d'une consultation impliquant un reste à charge conséquent, le « check point » que constitue le web est perçu comme un outil d'aide à la décision qui révèle le soucis du rapport qualité-prix. Ce constat est surtout valable dans les pays anglo-saxons où les assurances privées couvrent rarement la totalité de la dépense engagée par le patient.
 
« Reboot » des systèmes ?
Le rôle du médecin n'est pas complètement remis en cause par la "génération Y", mais son niveau d'implication dans la gestion du capital santé de ces patients évolue. Toujours grâce aux nouvelles technologies, cette génération veut être considérée comme co-gestionnaire de ce capital en étant davantage responsabilisée dans les actes quotidiens de prévention, mais en étant également associée au diagnostic et au traitement. Les outils de santé numériques de demain sont pensés pour répondre à cette demande, notamment les appareils connectés dont cette génération est friande.
 
que demande, En somme, cette "génération Y" en matière de santé ?
Un système de santé intégratif et coordonné entre les différents acteurs afin d'en rendre l'accès simple et universel. Que les politiques de prévention soient placées au c?ur des systèmes de santé. Et enfin (et surtout) que les professionnels de santé profitent de l'incroyable potentiel offert par les nouvelles technologies pour basculer dans la proactivité. Le chantier d'adaptation de nos systèmes, bien que s'annonçant difficile, semble indispensable pour répondre aux besoins et aux attentes en perpétuelle évolution des générations actuelles et futures. Point positif, celles-ci ont conscience des enjeux qui se présentent et veulent jouer un rôle dans cette évolution. Mais ce constat n'est-il finalement pas transgénérationnel ? Finalement, et l'étude fait clairement ressortir cette transition «  fulgurante », le rapport à la santé des jeunes générations sera différent. Si le besoin d'un lien pérenne avec un professionnel compétent est toujours souhaité, en amont et en aval de cette phase « clinique et prescriptive  », c'est l'exigence d'autonomie du patient jeune qui fera la différence. Un bouleversement en vue ?
 Alexandre Beau
 
A RETENIR
 Première génération née avec la révolution numérique, la "génération Y" tranche avec ses ainées dans son rapport à la santé et au rôle dévolu au médecin
Elle souhaite plus d'autonomie, plus d'interaction entre les différents acteurs de santé, et de prévention dans les systèmes de santé de demain
Brexit = dépouillement  dU NHS ?
Depuis plusieurs semaines, le gouvernement de Theresa May assume un discours anti-immigration prônant notamment l'interdiction faite aux entreprises d'embaucher des travailleurs étrangers pour un poste pouvant être occupé par un Britannique, mais également un contrôle plus vigoureux des flux entrants. La Première ministre prend un virage populiste en n'entendant pas tourner le dos aux 66% de Britanniques qui ont voté en faveur de la sortie de l'UE pour des questions de régulation des flux migratoires. Impact garanti sur le quart des effectifs du NHS qui est d'origine étrangère. Ce chiffre est plus conséquent encore si l'on regarde les médecins spécialistes qui sont à 42 % des praticiens non-Britanniques (dont la moitié sont des ressortissants de l'UE). Perdre un quart des effectifs du système de santé public ne semble pas inquiéter outre mesure le nouveau ministre de la Santé conservateur, Jeremy Hunt, qui projette de renforcer le système de formation médical destiné aux étudiants britanniques pour compenser ces départs. Cette menace d'expulsion massive de travailleurs étrangers s'apparente selon certains spécialistes économiques à une forme de chantage vis-à-vis de Bruxelles à quelques mois du début des négociations commerciales sur la place du Royaume-Uni dans le marché unique. Difficile de ne pas donner raison à l'historien Jean-Louis Thiériot qui, sur le site web du Figaro, suppose que la Grande-Bretagne actuelle tend à renouer avec la politique du « splendide isolement » vis-à-vis de l'Europe, qu'elle appliquait au XIXe siècle. What a shame !
Ces derniers jours, le gouvernement britannique a modéré ses propos, conscient de leur impact désastreux sur l'opinion et dans l'UE. Mais le mal est fait, l'incertitude profonde.
 
 
 
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