Espace Social Européen | Information professionnelle aux décideurs de la protection sociale
Espace Social Européen, ESE, protection sociale
Cocktail Santé
Vous êtes-ici : SOMMAIRE / Archives ESE 2016 / N° 1104 - Du 3 au 17 février 2017
 
N° 1104 - Du 3 au 17 février 2017
 ÇA BOUGE ! 
 
 ÉVÉNEMENT 
 Grippe saisonnière, une « défaite de santé publique ».
 
 Présidentielle 2017
 Les 21 propositions santé, social, Sécu, du projet de Benoît Hamon.
 
 CAHIER LASER 
 Prévoyance
 Masfip, « Nos activités ce sont diversifiées », entretien avec Dominique Combe.
 Europe
 « Pour un socle européen des droits sociaux », entretien avec Étienne Caniard.
 International
 Clap de fin pour l'Obamacare ?
 Sécu
 Financement/Acoss. Des chiffres étonnants.
 Famille/Action sociale
 APA, disparités et non-recours.
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
 
 BIEN JOUÉ BENOÎT
 
Faut-il remercier François Fillon pour ses intentions sévères en matière de réduction de la sphère publique et de bouleversement de la sécurité sociale ? La question mérite d'être posée. Ceux qui déploraient par avance que l'élection présidentielle de 2017 ignorerait une énième fois, nous en fûmes, les questions sociales et de santé, en sont pour leur frais. Non seulement, elles occupent, plus ou moins intelligemment il est vrai, le devant de  la scène mais, en outre, elles permettent aux candidats majeurs de marquer leur territoire.
Car François Fillon n'a toujours pas clairement et définitivement renoncé à confier tout ou partie du « petit risque » maladie aux mutuelles et assurances complémentaires. Ce faisant le candidat de la droite et du centre a ouvert une brêche politique et sociale à ses adversaires, qui s'empressent d'en prendre le contrepied en faisant de l'État et de la seule dépense publique la solution idéale. Benoît Hamon, candidat fort habile dans sa stratégie, a compris l'intérêt de faire de la protection sociale un vecteur essentiel de son projet, et de concevoir un revenu universel pour tous, dont nous ne sommes pas certains qu'il en ait pensé toutes les composantes… Comme quoi les questions de santé et de protection sociale, par temps économiques incertains, font vendre ! La sécu est utilisée pour assurer une belle manœuvre de recomposition politique à gauche (la démarche stratégique du candidat PS n'est pas achevée) en déplaçant le terrain du débat d'idées là où personne n'aurait osé le situer. Et ça marche : bien joué Benoît !
Maintenant, cette question du revenu universel est-elle crédible ? Le candidat socialiste annonce qu'il financera la première vague, les jeunes de 18 à 24 ans et la hausse des minima sociaux actuels, soit 45 Milliards d'euros en recyclant le CICE et le pacte de responsabilité. Soit. Mais rien n'est indiqué pour la suite. Car il faut, selon une logique d'escalier, trouver chaque année entre 30 et 40 nouveaux milliards. On démarrerait donc à 45 en 2018 pour finir à 350-400 milliards d'euros 10 ans plus tard. On peut penser que Benoît Hamon ne projette pas de supprimer la protection sociale maladie, retraite et famille, ni l'assurance chômage au delà du revenu universel, ni l'État et ses différentes fonctions. L'affaire n'est pas possible, car il faudrait chaque année amputer de 3 à 4% les 11 000 milliards du patrimoine et revenu de tous les Français…   ■ Pascal Beau
 
EVENEMENT
GRIPPE SAISONNIERE, UNE « DÉFAITE DE SANTE PUBLIQUE »

Virulence de la souche contaminante, débordements des services d'urgence hospitaliers et des consultations ambulatoires, nombre de décès supérieur aux moyennes habituelles, la grippe saisonnière 2016-2017 est-elle le cas exemplaire d'une nouvelle « défaite de santé publique » française ? Analyse.

 
 
LAZER PREVOYANCE
A LA MASFIP « NOS ACTIVITES SE SONT DIVERSIFIÉES »
Mutuelle de livre III, la Masfip (Mutuelle d'action sociale des finances publiques) intervient auprès de ses adhérents principalement via des aides financières et des services d'accompagnement. Entretien avec Dominique Combe, sa présidente.
 
Comment s'articulent vos liens avec la Mgefi ? Intervenez-vous dans le cadre de la procédure de référencement ?
Notre articulation avec la Mgefi  répond à une construction historique. Nous avons les mêmes adhérents par une forme de double-adhésion, nos activités sont complémentaires : couverture santé et prévoyance pour la Mgefi, action sociale et accompagnement social pour la Masfip. Concernant le référencement, la Mgefi répond à l'appel à la concurrence mais le cahier des charges du ministère de l'Économie et des Finances prévoit que l'opérateur puisse proposer des services d'action sociale. Nous apportons donc des éléments de différenciation, qui constituent un réel atout.
 
Quelles sont les priorités pour vos adhérents ?
Une grande partie de notre activité est constituée de soutiens financiers. Mais nos adhérents souhaitent de plus en plus un accompagnement, par exemple sur des dispositifs légaux et réglementaires ou pour le choix d'établissements. Beaucoup de demandes portent sur des situations spécifiques comme l'autisme, le handicap, la perte d'autonomie et l'aide aux aidants. Nos activités se sont donc diversifiées. Pour assurer cette dimension de conseil et d'orientation, nous avons développé des partenariats avec des fédérations ou associations nationales. Notre champ va de la naissance à la fin de vie, il est très large et nous devons en permanence nous adapter. Nous intervenons aussi en matière d'accès au logement, notamment en proposant des appartements aux fonctionnaires en formation ou via notre parc de logements sociaux.
 
Vous évoquez des partenariats, quels sont les principaux et comment s'organisent-ils ?
Nous avons conclu des conventions avec la fédération des Pep, Sésame autisme, la fédération nationale des aphasiques de France, la fédération Jalmav (intervenant dans l'accompagnement de fin de vie), et Crésus pour une aide personnalisée face au surendettement. Nous travaillons également avec l'Association des paralysés de France (APF), et la Fédération nationale des Aidants. Ces partenariats sont conclus principalement pour construire un réseau. Nous apportons nos conseillers mutualistes et militants locaux, en retour nous avons accès à des interlocuteurs identifiés vers lesquels orienter nos adhérents.
 
Quels sont vos principaux chantiers en termes d'innovation ?
Je citerai trois dossiers. Le premier est un mécénat avec la Fondation de l'Avenir sur l'oncogénétique et les cancers féminins. En parallèle du financement de projets de recherche, l'idée est de produire un document de référence en s'appuyant sur la réunion d'équipes pluridisciplinaires (onco-généticiens, médecins, psychologues, juristes, etc.).
Deuxième chantier : le prix de la Solidarité Masfip, qui récompense des projets innovants en matière d'accompagnement médico-social ou social. Nous avons évolué en passant de trois « petits » prix à un seul, plus conséquent (15 000 €).
Enfin, nous avons un projet de création de résidence séniors adaptée à la perte d'autonomie, allant au-delà du périmètre d'activité que nous nous étions fixé. Nous avons eu l'opportunité d'acquérir un terrain, à Claye-Souilly (77) jouxtant l'établissement médico-mutualiste La Gabrielle, qui accueille des enfants, adolescents et adultes en situation de handicap mental. Un référent, sur place en permanence, sera chargé d'animer la vie sociale et de créer des liens intergénérationnels entre les deux structures. Première résidence séniors mutualiste créée en Île-de-France, elle ouvrira en juin 2018 et proposera 50 appartements.
 
Quels sont les enjeux et perspectives pour 2017 ?
D'abord conclure les partenariats que j'évoquais plus haut. Ensuite, notre principal chantier 2017 portera sur la perte d'autonomie. Nous intervenons en matière d'aide aux aidants ou de maintien à domicile mais nous souhaitons adopter une approche plus globale, au-delà du seul soutien financier. Pour l'aide aux aidants nous intervenons y compris quand une seule des parties est adhérente (aidé ou aidant).
• Propos recueillis par Émilie Guédé
e.guede@espace-social.com
 
A RETENIR
274 705 personnes couvertes ;
35 conseillers mutualistes répartis sur tout le territoire ;
• 290 délégués élus par les adhérents ;
• 1 000 militants.
 
 
0

 

Mots clés
Actualité Archives Bi-mensuel Chiffres Il se dit que... Newsletters Photo Portrait Rendez-vous Retraites S'abonner Sécurité Sociale Vidéo vide