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N° 1105 - Du 17 février au 3 mars 2017
 
 LETTRE OUVERTE AU FUTUR MINISTRE DE LA SANTÉ…

 ÇA BOUGE ! 
 
 ÉVENEMENT 
 « Une politique de redistribution plus juste et adaptée à la diversité des familles », entretien avec Laurence Rossignol.
 
 CAHIER LASER 
 International
 Les patients européens évaluent leurs systèmes de santé.
 Prévoyance
 « Construire la mutuelle du XXIe siècle », entretien avec Stéphane Junique et Catherine Touvrey.
 
 LETTRE OUVERTE au futur ministre de la santé > suite 
 
 DIT/ÉCRIT 
 
Edito
Pascal BEAU - Espace Social Européen
Pascal Beau
Directeur d'Espace Social Européen
LETTRE OUVERTE AU FUTUR MINISTRE DE LA SANTÉ
« Santé, de l'air, une ère ! »
 
 
Madame, Monsieur le ministre,
 
Le 16 mai 2017, vous allez prendre vos fonctions.
Depuis plusieurs mois, peut-être plus, vous avez croisé, écouté de nombreux élus politiques, professionnels, experts, venus faire part de leurs souhaits, de leurs projets. Des ouvrages ont été publiés. Des propositions innombrables ont été formulées. Souvent étayées, parfois redondantes. On ne saurait vous cacher notre effarement quant à plusieurs suggestions de réforme, inutiles, dangereuses, voire loufoques. Tradition française oblige, d'autant que chaque potentiel réformateur renvoie la plupart du temps la paternité des défauts inhérents au système à son concurrent. Le public rejette les difficultés sur le privé et vice-versa. Rien de bien nouveau. N'oubliez pas que le champ de la santé apparait souvent comme un ensemble de villages gaulois, faits de particularismes exacerbés et protestataires par définition ! Ce qui complique toujours le débat et le passage à la réforme.
Déjà en 2007, nous plaidions dans un ouvrage pour une stratégie de mouvement, de déconcentration et de décloisonnement du système. En 2012, dans un second document, nous insistions sur les nouveaux paradigmes en santé et protection sociale, réitérant ainsi et complétant nos précédents propos. Le contexte était alors celui d'une sortie de crise économique étouffant la croissance et l'emploi. Notre propos d'alors se voulait ferme : 58% de prélèvements obligatoires rapportés au PIB, 35% de taux de dépenses sociales collectives, deux records du monde, exigeaient le courage politique de dire stop à cette logique mortifère. Depuis, les choses ont peu ou plutôt mal évolué. L'action chaotique de François Hollande et de ses gouvernements n'a pas permis de relancer l'économie. Le chômage massif persiste toujours, en dépit des allègements de charges et d'une politique budgétaire assez rigoureuse, inédite pour un gouvernement de gauche, sur le plan de la santé et de la protection sociale.
La santé n'échappe pas bien entendu à ces affres. Certes, depuis 2012, des progrès ont été accomplis. Nous devons faire la part des choses : le bilan de Marisol Touraine, ministre en poste depuis 5 ans, un record sous les IVe et Ve république, n'est pas le désastre décrié. Il n'est pas non plus enthousiasmant. Peu de crises sociales et sanitaires, certes, des comptes sociaux en lente amélioration, des amorces de modernisation. Nous n'en avons pas moins l'impression d'une vacuité, qui tient à la manière dont votre prédécesseur a conçu son rôle : une gestion centralisée, distanciée et très idéologique. Plutôt que de chercher à rassembler, Marisol Touraine n'a eu de cesse d'exacerber les frontières du système. Hospitalisation et complémentaires santé pour ne citer que ces exemples, sont caractéristiques de cette posture clivante. D'où cette attente unanime des acteurs du système pour le nouveau quinquennat : moins d'État, de réglementations, de tutelles, et davantage d'autonomie et de confiance envers les professionnels…
 Lire la suite dans notre revue papier ESE n°1105
 
 
EVENEMENT
« UNE POLITIQUE DERE DISTRIBUTION PLUS JUSTE ET ADAPTEE A LA DIVERSITE DES FAMILLES »

Ese a rencontré Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes. Pour un bilan et un échange sur un domaine sensible de la politique sociale à l'occasion de l'élection présidentielle.

 
 
LAZER INTERNATIONAL
LES PATIENTS EUROPEENS EVALUENT LEURS SYSTEMES DE SANTE
L'Euro Health Consumer Index récemment publié par la Health Consumer Powerhouse (HCP) permet de prendre le pouls de l'état de santé et l'évolution des systèmes de santé des 35 pays européens. Particularité de cette démarche, l'évaluation est faite uniquement par les patients. Point sur les principaux enseignements de ce rapport.
 
Évaluer un système de santé est un exercice difficile, tant par le choix des critères et des outils de mesure de la performance à retenir que par la difficulté pour les acteurs de « juger ». Professionnels de santé, experts, économistes… le choix tourne généralement autour des mêmes acteurs. C'est partant de ce constat qu'une société suédoise, la Health Consumer Powerhouse (HCP), a décidé de prendre le contrepied des approches traditionnelles en publiant depuis près de 11 ans l'Euro Health Consumer Index, un baromètre européen d'évaluation des systèmes de santé de 35 pays européens vus par les patients de ces pays. L'objectif de cette démarche est de comparer les différentes approches en matière de prise en charge et de valoriser les modèles perçus comme les plus performants par les principaux concernés, les patients. En terme de méthodologie, ceux-ci donnent une note pour chacun des 48 indicateurs de six grandes catégories : droits et information du patient et E-santé, accès aux soins et temps d'attente, efficacité des traitements, offre et accès à des services, prévention, accès aux médicaments. La note obtenue par un pays peut aller de 333, score plancher, à 1 000.
 
Félicitations du jury
Premier enseignement, la cuvée 2016 de l'index nous indique que les patients européens constatent une amélioration générale de leurs systèmes de santé. Avec 11 pays, dont la France, dépassant un score global de 800 points, une locomotive européenne se dessine et elle est globalement située en Europe du Nord et de l'Ouest. Les pays de l'Est et des Balkans sont encore en retrait.
Second enseignement, la recette du meilleur élève est celle des Pays-Bas (seul pays avec la Suisse à dépasser la barre des 900 points) avec la meilleure note du panel dans les catégories « efficacité des traitements »,  « offre et accès à des services », « accès aux médicaments ». Ses principaux ingrédients ? Une couverture d'assurance maladie basée sur un partenariat public/privé et une organisation des soins reposant sur le principe de territoires de santé. Autre enseignement, les États de petite taille qui ont fait le pari de limiter les échelons administratifs et de prendre pleinement le virage numérique semblent récompensés, au moins aux yeux de leurs concitoyens. L'exemple macédonien le démontre avec un système de santé alliant accessibilité aux soins et rentabilité économique dans un pays encore fragile.
 
Bismarck contre Beveridge
L'Euro Health Consumer Index compare également les notes obtenues par les pays qui ont construit leur système de santé à partir d'un de ces deux modèles. Pays-Bas et Allemagne sont les porte-étendards en Europe du modèle bismarckien en matière de santé et au vue des scores qui leurs sont attribués par leurs usagers, le choix semble payant. Quid des systèmes beveridgiens ? Sur des États à bassins de populations plus restreints, à l'instar des pays scandinaves, le modèle beveridgien répond bien au besoin des assurés (scores supérieurs à 800). C'est moins le cas pour le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie dont les systèmes publics centralisés sont évalués de manière de plus en plus sévères par leurs usagers au fil des index publiés par HCP.  Enfin, la France avec son modèle hybride voit sa note rester stable durant ces dernières années. Mais là où son score de 825 points lui permettait d'être toujours dans le top 10, elle descend désormais à la 11e place.
Alexandre Beau
a.beau @espace-social.com
 
 
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