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Iatrogénie médicamenteuse

Iatrogénie médicamenteuse : trois priorités pour le HCSP

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a présenté le 28 octobre à la commission des Affaires sociales du Sénat, un état des lieux de la iatrogénie médicamenteuse et formule des recommandations pour améliorer la sécurité des patients.

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­Chaque année, environ 212 500 Hospitalisations liées à un effet indésirable médicamenteux (EIM) sont dénombrées. Sur les EIM conduisant à une hospitalisation, 84 % sont non évitables (aléa thérapeutique, utilisation conforme au résumé des caractéristiques du produit); en revanche, 4,8 % sont totalement évitables. Ces derniers se répartissent en 3,6 % liés à la prescription et/ou l’administration et 1,2 % à l’automédication ou au mésusage patient. «La iatrogénie médicamenteuse est majoritairement non évitable, elle est inhérente à l’usage du médicament et à son action sur l’organisme. Cependant, cette part de la iatrogénie médicamenteuse ne doit pas être vue comme une fatalité car elle peut être accessible à une réduction du risque passant par l’identification de populations à risque, ainsi que par une amélioration de la détection et de la prise en charge des effets indésirables», observe le HCSP.

Les antibiotiques figurent parmi les classes médicamenteuses à fort enjeu de mésusage, alors que la France reste parmi les pays les plus forts consommateurs en Europe. En 2024, 27 millions de patients (soit 40 % de la population) ont reçu au moins une prescription. Les opioïdes sont également concernés alors que près de 12 millions de personnes ont reçu des antalgiques opioïdes dits faibles entre juillet 2022 et juin 2023 (17 % de la population), et que les opioïdes forts ont vu leurs ventes progresser de 60 % depuis 2010. Les Benzodiazépines et apparentés sont aussi identifiés comme à risque alors que 30 % des utilisateurs ne respectent pas les recommandations de prescription. Sur un plan financier, le coût lié au mésusage et à la surutilisation dépasserait les 10 Mds € par an.

Le Haut conseil identifie trois grandes priorités. Il appelle d’abord à renforcer l’expertise publique indépendante, en pérennisant les dispositifs de surveillance et d’analyse des risques médicamenteux (notamment en revalorisant le financement des Centres régionaux de pharmacovigilance et des Centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance – addictovigilance, et en garantissant l’indépendance des formations et recommandations sur le médicament). L’instance recommande également de «privilégier la pertinence clinique», en faisant évoluer les indicateurs et les pratiques de prescription. «Le changement de paradigme central proposé par ce rapport consiste à privilégier la pertinence clinique, l’évaluation individualisée de la balance bénéfices-risques et la décision médicale partagée plutôt que les seuls objectifs volumétriques. Cette évolution conditionne l’efficacité des dispositifs de déprescription, du bilan partagé de médication et des programmes d’amélioration des pratiques», précise le HCSP. Il plaide enfin pour une sécurisation ainsi qu’une meilleure exploitation des données de vigilance et de pharmacoépidémiologie.

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Photo : ­The Yuri Arcurs Collection / Magnific.com

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