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Les pharmaciens veulent rendre accessibles 33 molécules sans ordonnance

Deux syndicats de pharmaciens (FSPF, USPO) et NèreS (représentant les laboratoires des produits de santé de premier recours disponibles en pharmacie sans ordonnance) préconisent d’élargir la liste des médicaments accessibles sans prescription médicale.

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Soulignant le rôle d’«acteur central du parcours de soins» des pharmacies, la FSPF, l’USPO et NèreS rappellent que 2 246 officines sont implantées en désert médical et constituent «une réponse concrète et immédiate aux difficultés d’accès aux soins». Ils proposent de rendre 33 molécules accessibles sans ordonnance, «sous conseil pharmaceutique». Celles-ci couvrent un périmètre large de maux du quotidien : affections dermatologiques, douleurs articulaires et traumatologie sportive, troubles digestifs, mycoses, rhinites allergiques, insomnies occasionnelles, nausées ou encore douleurs dentaires. Cette liste s’appuie notamment sur le recensement par NèreS des médicaments accessibles sans prescription dans 8 pays européens (dont l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et le Royaume-Uni). La dispensation de ces molécules en pharmacie «s’inscrirait dans un cadre exigeant, pour assurer la sécurité des patients : critères précis de dispensation, orientation vers un médecin lorsque la situation le nécessite».

Selon les estimations de NèreS, citées par l’AFP, cette mesure permettrait quelque 200 Ms € d’économies de consultations médicales et 177 Ms € pour les dépenses de médicaments assumées par l’Assurance Maladie. «Les propositions que nous soumettons à l’ANSM sont fondées sur l’expérience de nos voisins européens et sur la réalité du terrain. Elles sont raisonnables, encadrées et attendues», observe Fabrice Camaioni, Vice-président de la FSPF.

Au-delà, les trois acteurs défendent la vision «d’une pharmacie capable de prendre en charge en première intention un ensemble de pathologies du quotidien». Les pathologies identifiées concernent l’ophtalmologie (conjonctivite bactérienne et virale), la santé de la femme (douleurs prémenstruelles, les douleurs liées à l’endométriose lorsque le diagnostic médical est établi, etc), les pathologies courantes (mal de gorge aigu, angine virale, otite externe, mal de dos, etc), la santé sexuelle (par exemple le traitement post-exposition au VIH) et la dermatologie ( comme l’acné modérée ou l’eczéma). «La pharmacie a vocation à devenir le lieu de référence pour la prise en charge des maux du quotidien et la prévention. C’est un levier concret pour améliorer l’accès aux soins, soulager un système de santé sous tension, et contribuer à la soutenabilité économique de la Sécurité sociale» souligne Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO.


 

Photo : Philippe Chagon / Cocktail Santé

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