Alors que le gouvernement finit de peaufiner ses PLF et PLFSS, l’un des autres faits majeurs de ces derniers jours aura été la remise des tant attendues conclusions de la mission portant sur une « articulation cohérente entre AMO et AMC ».
Si nous reviendrons dans notre prochain numéro sur le détail des mesures formulées au travers de cette contribution, le contexte l’entourant pose question. Davantage que leurs finalités.
Il faut revenir quelques mois en arrière au lancement de cette initiative gouvernementale. Celle-ci venait contrebalancer une LFSS visant le gel des cotisations en ouvrant une réflexion de fond sortant du sempiternel va-et-vient entre transfert de charges et hausse de taxe imposés aux Ocam depuis l’après-Covid. Sur le papier, l’objectif est louable. Or, qu’entendaient donc nos ministres lorsqu’ils visaient cette « articulation cohérente » ? Des premiers échos qui nous parviennent, pas forcément celle qui aura été finalement dessinée par les quatre personnalités missionnées pour l’occasion. Là où certains espéraient quelques réajustements marginaux, globalement en défaveur des complémentaires, disons-le, afin de faire du neuf avec du vieux, le rapport dessine une tout autre perspective en mettant l’accent sur l’importance de la reconnaissance de leur rôle. En les confortant en tant que co-financeur, mais pas seulement.
L’esprit de ce rapport est de les associer pleinement sur l’accompagnement des patients chroniques, sur le développement d’une offre de service en direction des patients ou bien sur la prévention. Sur ce dernier enjeu, cela tombe bien, les Ocam n’ont cessé de répéter leur souhait de pouvoir en faire plus. Or, nul ne peut nier que les efforts consentis jusqu’ici par la seule CNAM se sont révélés insuffisants face aux enjeux de santé publique auxquels nous faisons face.
Plus qu’une réinvention de ce qui peut se faire déjà de façon marginale, cette démarche s’inscrirait in fine dans cette logique de « transfert de responsabilités » dépeinte par Stéphane Junique, l’un des co-auteurs du rapport, dans le numéro 1304 d’ESE.
En somme, la matérialisation de la fameuse maxime « fillonienne » datant de la campagne présidentielle de 2017 rappelant « qu’on les a installés là, alors autant qu’ils soient utiles ! ». Cette synthèse peut paraître simpliste mais il n’en demeure pas moins qu’il serait utile de ne pas l’écarter d’un revers de main. Ne serait-ce pas cela être cohérent, au final ?






