C’est entendu, la situation des finances publiques et sociales du pays vire à la catastrophe.
Nombre d’entre nous s’interrogent sur les raisons d’un tel cataclysme. Comme d’autres, nous pointons d’abord quelques responsabilités au sommet de la pyramide. Qu’il s’agisse du chef de l’État ou des gouvernements successifs qui demeurent les décisionnaires premiers. Après tout, ce scénario n’était pas écrit d’avance. Rien n’était inexpugnable dans le désordre budgétaire dans lequel sombre le pays, son économie et son système social.
Mais pour être objectif, le « mal français » est plus profond. Il est séculaire. Il est général. Il fait partie de notre culture. Persiste une sorte de religion politique sur l’exigence d’un droit au « toujours plus » s’agissant de la dépense publique.
Nous l’écrivons depuis longtemps. Nos compatriotes s’avouent certes inquiets, mais ne réalisent guère l’ampleur du chantier qui nous attend. Dette et déficits perpétuels forment une matière crainte, mais un peu absconse et distante pour beaucoup. Quelque chose d’immatériel sauf à ce que les maigres mesures de redressement prises par l’État affectent fortement le quotidien. Ce qui n’est pas encore franchement le cas pour une majorité d’entre nous.
Pour les gens sérieux, cela existe quand même, on entrevoit les efforts considérables à réaliser pour revenir dans des clous raisonnables. Eu égard à la solidarité de nos partenaires européens que nous allons solliciter un peu plus désormais. Des efforts équitablement répartis, cela va de soi.
En fait, la bataille se résume à l’acceptation d’une règle de sobriété dans les comportements publics et citoyens. Devons-nous encore concevoir la politique, l’élection comme une course aux promesses impossibles ? Quitte à regretter ensuite notre vote, une fois nos édiles élus, en raison de leurs manquements inévitables. Parce que les postures électorales deviennent au final des impostures sociales.
Dix ans de travail sur nos conceptions et pratiques collectives nous attendent. En fait, un travail d’introspection sur notre conception de la société et du pays en général. Ce chantier est difficile. Des besoins légitimes et insatisfaits perdurent. Mais voilà, la période qui s’ouvre appelle aussi à un sursaut de conscience et de solidarité dans un effort inédit. Le voulons-nous ?






